GNU/Linux et le Logiciel Libre, un duo fait pour l'Université

P.P

Sommaire

1.        GNU/Linux 

a)     Son origine

b)     Un système aux mensurations attractives

2.     Le logiciel  libre, une philosophie du partage

a)     Logiciels libres, une histoire de droit

b)     Les fondements de la réussite

c)     Internet, ou la plus grande industrie du logiciel

d)     Assistons-nous à une transformation du marché ?

3.     Un marché, très ouvert, en explosion

a)     Les raisons

b)     Les acteurs

4.     Pour un dynamisme universitaire à l’image étudiante

a)     Logiciels libres, une obligation ?

b)     Un système à l’image universitaire

c)     Les raisons de l’avenir du logiciel libre

5.     Annexe



1.GNU/Linux

a) Son origine

Dans les années 70, aux premiers balbutiements de l’informatique moderne, l’utilisation de machine ou autres supercalculateurs ne pouvait se faire que dans un milieu universitaire, disposant de bien plus de moyens que les particuliers. Richard Stallman et Bill Gates font partie de ces étudiants chanceux qui ont pu voir naître l’informatique. L’un, Richard Stallman considérait que permettre au plus grand nombre de profiter des résultats de son travail (ses sources de codes) était en accord avec l’esprit universitaire : le partage de l’information, l’autre, Bill Gates s’en indignait.

Richard Stallman fonda plus tard la FSF (Free Software Fondation) et les outils GNU essentiels (compilateurs, éditeurs…) tandis que Bill Gates connaîtra rapidement un avenir fait de dollars.

Linus Torvalds, étudiant finlandais, agacé par les files d’attente d’accès aux ordinateurs de la faculté d’Helsinski, profita du travail effectué autour de Minix, un bébé UNIX libre. Il en ajouta des fonctionnalités et en fit sa promotion.

Linux, de contraction de Linus et Unix, était né.

Linux passa de sa première version vraiment aboutie (1.0, 1994) de 10000 lignes de codes à plus d’un million de lignes actuellement grâce aux travaux de nombreux programmeurs du monde entier.

GNU/Linux, système d’exploitation libre a donc bien une origine universitaire.

b) Un système aux mensurations attractives

Sa stabilité, sa robustesse


Win95 + Professionnal Office

Une défaillance toutes les 42mn : redémarrage nécessaire dans 28% des cas.


MacOS + Ms Office

Une défaillance toutes les 188mn ; redémarrage dans 56% des cas.


Unix (diverses plates-formes)

Moins d'une défaillance par an ; pas de redémarrage necéssaire.


Linux

Aucun incident relevé en 3 mois.

Source : « Software failures. Follies and Fallacies ». Les Hatton, IEE Review, Mars 97.

L’étude sur Linux n’a été faite que sur 3 mois. Cela n’indique pas son instabilité au-delà de cette durée.

Son portage sur multi - plateformes

GNU/Linux est un système d’exploitation tournant sur des ordinateurs possédant des architectures processeurs de type :


  • X86 (famille Intel)

  • Alpha

  • ARM

  • 68K (famille Mac)

  • MIPS

  • PowerPC

  • Sparc (64 bits)

  • UltraSparc

  • SH (processeurs Hitachi)

Le monde des consoles de jeux, toujours en quête de plus de puissance, a choisi aussi Linux. Sony pour sa nouvelle console, Playstation 2, a choisi Linux pour faire tourner son processeur 128 bits. Une version allégée doit être réalisée pour que le congrée américain autorise son exportation en dehors des Etats-Unis. Cette console est considérée comme un supercalculateur, donc comme un secret technologique. Cette console sous Linux affiche, en effet, des résultats peu communs (cf Linux pratique N° 3).

Sa modularité

Grâce à une disposition des fichiers binaires (programmes compilés) en forme de paquets, Linux permet d’installer seulement les logiciels dont on souhaite disposer. Il en découle un gain de temps et de place libre non négligeable. La distribution Debian Slink, par exemple, n’installe que 23 Mo pour une installation minimale.

La transparence du système est la clé de toute maîtrise.

Sa puissance

GNU/Linux est un système qui requiert pour les fonctions de base que peu de puissance. Cette caractéristique permet notamment à Linux de tourner sur un ordinateur de type 386 avec peu de mémoire vive et de masse. Il est toujours souhaitable que toute la puissance du processeur soit affectée au logiciel et nom au système.

(Personnellement, il m’a été possible d’installer Linux de façon fonctionnelle - en tant que station de programmation C/C++, Perl - sur un 386 portable avec 4Mo de mémoire vive et 80 Mo de disque dur).

Peut-on imaginer que ce soit dans un seul souci d’ouverture de leur marché que la plupart des grands logiciels de calculs mathématiques (Mathématica, Mapple, MatLab…) aient une version de leur logiciel tournant sous Linux ? Linux permet dans bien des cas une meilleure utilisation de la puissance des processeurs.

A cela, nous devons ajouter que Linux permet dans des conditions bien plus aisées que d’autres la transformation d’un réseau de stations en Supercalculateur via l’utilisation de logiciels libres (Beowulf par exemple). Cette procédure, le clustering, est, par exemple dans le domaine du graphisme, une alternative à l’utilisation de stations Silicon Graphics.

Les effets spéciaux du film « Titanic » ont été faits, en partie, grâce à un clustering de 100 stations Linux Alpha.

Sa sécurité

Un système ouvert, dont on connaît les mécanismes, offre une plus grande facilité de compréhension dans la résolution des problèmes. Comment réparer un système dont on ne connaît pas les clés ? (Paradoxalement, il est à noter, aujourd’hui que l’on peut être informaticien et tenter de résoudre les défauts d’un système, sans en connaître les mécanismes).

Linux, en tant que système libre, permet l’accès aux sources de codes. Ceci permet notamment lors de défaillance avérée de la sécurité, à n’importe quel informaticien de tenter de réparer, selon ses compétences, l’erreur. Linux possède ses défaillances, mais à l’opposé des systèmes propriétaires, une solution est très vite proposé par la communauté, (quelques jours, généralement). Comment éviter tout contrôle, toutes intrusions, sans transparence totale du système. Et puis, pourquoi devons-nous toujours faire confiance à un seul groupe de cerveaux aussi bien choisies soient-ils ? Cela ne représente-il pas un appauvrissement de notre liberté ?

De façon cohérente, un système sécurisé ne peut être qu’un système à code source ouvert.



2.Le logiciel  libre, une philosophie du partage

a) Logiciels libres, une histoire de droit

Lors du développement d’un logiciel, sa diffusion est généralement couverte par le dépôt d’un brevet ( Cas de l’Europe mis à part ). Plusieurs licences libres strictes ont été mises au point, dans la plupart des cas outre Atlantique, GPL, LGPL, BSD, Aladdin.

Les licences de logiciel libres se caractérisent usuellement par ces particularités :


  • Protégé par droit d’auteur

  • Peut-être copié librement

  • Code source disponible

  • Peut-être adapté librement

  • Peut-être revendu en tant que logiciel libre

Ce qui n’exclut pas le fait qu’un logiciel libre peut-être payant. Richard Stallman, en personne, a vendu plusieurs de ses logiciels libres ( avec sources incluses donc). De même, un auteur ayant déposé un logiciel sous une licence libre peut ensuite le déposer sous une licence propriétaire. Dans le cas d’une collaboration ou d’améliorations extérieures, cette éventualité dépend de l’accord des autres tiers ; bien souvent peu réalisable.

b) Les fondements de la réussite

« Par l'application des principes de la statistique, des mathématiques et de la science à la qualité des logiciels, on obtient la meilleure qualité des logiciels 'à Code Source Ouvert' tel que PostgreSQL en mettant le code source des programmes à la disposition d'un grand nombre de cerveaux humains interconnectés par les super-autoroutes de l'information. Plus le nombre de cerveaux au travail sera grand, meilleure sera la qualité du logiciel produit.

Le modèle "à Code Source Ouvert" évite aussi de RÉINVENTER LA ROUE, supprime LA DUPLICATION DU TRAVAIL tout en étant particulièrement économique, en diminuant les délais de distribution et en suivant les lois économiques modernes d'optimisation des ressources nationales et globales.

Une fois qu'un logiciel a été réalisé par d'autres, vous N'AVEZ PAS à recommencer le travail. Vous ne perdrez pas un temps précieux sur quelque chose qui a déjà été CORRECTEMENT réalisé.

Votre temps est extrêmement précieux et il faut l'utiliser de manière efficace, car vous ne disposez que de 8 heures par jour pour travailler!!. Dans un futur proche, à l'aube du 21-ième siècle, la manière de se procurer un logiciel va changer. Les utilisateurs accorderont en premier lieu leur préférence aux logiciels ouverts tel PostgreSQL, Linux etc... »

Tiré de la traduction de l’intro du Howto de Alavoor Vasudevan dédié à PostgreSQL.

Le logiciel Apache sous licence libre est l’un des plus rapide, plus performant, plus fiable serveur web du marché et de plus, il est gratuit. Comment, alors ne pas le choisir préférentiellement à des logiciels propriétaire payant ?

c) Internet, ou la plus grande industrie du logiciel

Grâce à l’autoroute de l’information que représente Internet, le coût actuel de diffusion d’un logiciel est quasiment nul, sans compter l’effet cinétique induit sur les projets de développement du fait de ce nouveau moyen de communication. Cette large diffusion favorise désormais, le développement de projets par des personnes, situées aux quatre coins du monde et donc de nationalités différentes.

La distribution Debian est un projet regroupant des programmeurs du monde entier. Quiconque, suffisamment « instruit » et motivé peut devenir « Developer Debian ». Majoritairement, ces programmeurs sont issus du monde universitaire. Debian est une distribution de qualité recevant de plus en plus de considération. Corel, firme canadienne de renom, a réalisé sa distribution Corel Linux sur une distribution Debian.

d) Assistons-nous à une transformation du marché ?

Si les profits effectués sur la vente des licences d’utilisation ne peuvent plus être perçus avec les logiciels libres, comment vont prospérer les firmes de développement de logiciels ?

La solution réside dans le service.

Les firmes de distribution de Linux, tel que Redhat, Suse, Mandrake, par exemple, facturent les manuels, les services d’aide téléphoniques, le support. Redhat est une entreprise fleurissante faisant des profits et affiche une croissance boursière exponentielle.



3.Un marché, très ouvert, en explosion

a) Les raisons

Un système ouvert permet un meilleur développement de logiciels.

Considérons une entreprise de transports qui souhaite effectuer son service sur un lieu géographique donné. De prime abord, la connaissance du lieu est une constante essentielle à son travail. Comment ferait-il juste avec des bouts de carte géographiques ?

On peut considérer, dans bien des cas, que les systèmes propriétaires donnent juste le nécessaire aux développeurs d’applications, (des bouts de carte, en fait). A cela, devons-nous ajouter les délais, la dépendance totale à un groupuscule de personne, une entreprise connaissant des hauts et des bas.

Corel a porté WordPerfect 8 sous Linux, et s’apprête à sortir sa suite bureautique complète sous Linux. Les grandes entreprises, comme Inprise (Borland), IBM ont porté (ou s’apprêtent à) leurs logiciels phares, C++ Builder, Delphi, ou DB2, son système très prometteurs de base de données toujours sous linux. Sun a racheté tous récemment StarDivision une société ayant une suite bureautique de qualité et populaire évoluant sous Linux. L’utilisation de Star Office est libre, mais sa distribution est protégée.

b) Les acteurs

Les grands acteurs du monde informatique ont, tous à ce jour, d’une façon ou d’une autre, pris part au développement de Linux. Compaq, Intel, Netscape, ont investi dans la société RedHat, une des entreprises s’occupant de la distribution de Linux.

On notera que le moteur de recherche de France Telecom, « Voilà », tourne à 95% sous Linux (les autres 5 % sont occupé par des machines sous AIX), sans parler du fournisseur d’accès Internet de qualité «free» qui propose son service à base de stations Linux.



4.Pour un dynamisme universitaire à l’image étudiante

a) Logiciels libres, une obligation ?

Récemment, a été proposé au sénat, une loi, visant à systématiser l’utilisation des logiciels libres dans l’administration : loi numéro 495.

Bien entendu, le gain est surtout financier.

b) Un système à l’image universitaire

L’utilisation de logiciels libres offre plusieurs atouts :

« - La liberté de copier gratuitement des logiciels adaptés à tous les micro-ordinateurs, y compris ceux aux performances modestes, garantie des prix particulièrement bas.

- La disponibilité du code source facilite l’apprentissage des fondements de l’informatique, atout très apprécié dans l’enseignement supérieur.

- La liberté d’adapter le code source permet aux chercheurs d’expérimenter et de valoriser plus rapidement leurs travaux. »

Tiré du livre Les Logiciels libres, de JP. Smets-solanes, et B. Faucon.

En pratique :

Certaines écoles recyclent leurs vieux 486, considéré, bien des fois comme inutilisable, en terminaux X (l’ordinateur n’est pas sollicité pour les travaux cpu, tous les travaux sont effectués par le serveur), ce qui leur permet avec peu de mémoire vive (4Mo) de faire tourner des suites bureautiques (Applixware, par exemple) hébergées sur les serveurs plus puissants (Pentium actuel). Linux est multi-utilisateurs en plus d’être multi-tâches, ce qui permet donc ce genre d’utilisation.

On voit, ici, une alternative, à ce qui est, aujourd’hui, l’un des réflexes, le plus lucratif pour les grandes industries du logiciel : la course à la puissance. Acheter toujours plus gros, pour permettre de faire tourner des logiciels qui demandent encore plus de puissance (souvent, bien plus qu’il n’en faut). Quels sont les budgets actuels dédiés au réinvestissement matériel ?

Avec un CDROM, il est possible de multiplier légalement l’utilisation de logiciels libres sans avoir recours à l’achat de licences diverses. A combien s’élève le budget dédié à l’achat des licences d’utilisations dans un quelconque milieu privé ou public?

Le serveur Ecole-Info, conçu par Michel Quercia (de l’Académie de Dijon), est un serveur Linux dédié à être installé dans une école pour fournir un accès à Internet. L’objectif : Permettre une utilisation de Linux facilitée pour tous.

Linux-Edu est une initiative qui consiste à déployer des serveurs sous Linux dans les collèges et lycées. Linux-Edu repose sur une distribution Debian basé PingOO.

c) Les raisons de l’avenir du logiciel libre

D’un point de vue externe, il semble troublant que l’enseignement concourt à l’enrichissement de compagnies de logiciels.

Cependant, la réalité est souvent toute autre : Les écoles, lycées et universités se plaignent car ils manquent de moyens au niveau informatique. Il est évident que l’achat de 25 ordinateurs récents (Pentium, par exemple) acceptant 25 licences propriétaire (Windows NT + Ms Office) est un investissement très élevé. Alors qu’il est possible, comme déjà vu, de réutiliser son vieux matériel et de diminuer ce coût par l’utilisation de logiciels libres ou gratuits. La suite bureautique Star Office, utilisée notamment pour la rédaction de ce dossier, est gratuite. (Elle était, au par-avant gratuite pour l’enseignement).

Malheureusement, le choix des utilisateurs s’oriente généralement comme celui du plus grand nombre. Pourquoi Windows et pas MacOs, Linux ou FreeBSD ? Pourquoi Ms Office et pas Star Office, Word Perfect, ou Claris Works ? Alors que ces autres solutions sont de qualité ? (Oui, certaines politiques de Marketing sont mieux faites que d’autres). Mais il n’en reste pas moins que la diminution de l’éventail des choix possibles représente ni plus ni moins que la diminution de notre liberté.

Ne devons-nous pas oublier que les premières revendications de la FSF étaient contre le géant Apple. L’émergence de DOS s’est faite car ce système offrait plus de liberté d’utilisation (notamment le jeu). Le Mac était beaucoup plus efficace, de meilleure qualité, mais peut-être trop en position de monopole ? Quand est-il aujourd’hui pour Microsoft ? On se pose des questions, ici ou là. Les grands projets se font toujours dans un but libertaire, c’est un réflexe primitif de conservation.



5.Annexe

Le mémoire au format PDF: http://crao.net/gpl/gpl.pdf

Site du mémoire de DEA: http://crao.net/gpl

« Voici les News officielles de LinuxFR du Mercredi 29 Decembre 1999.

Linux et l'éduc pour bien finir l'année !

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Auteur: michael (michael@energy-computer.com)

Section: Rien a voir



3 nouvel établissements scolaires confient leurs réseaux à Linux.

Ce sont les écoles :

- Marly Le Roi. (collège)

- Lycee Victor Duruy.

- Ecole sinai. (groupe scolaire)

Des comptes rendus des installations techniques seront bientôt mis en ligne afin de servir de support ou d'initiateur pour de nouvelles installations.

En bref :

Pour Marly techniquement cela correspond à une migration des serveurs Novell vers des serveurs Linux. (grosse installation....)

Pour Duruy c'est le choix de Linux comme serveur de domaine samba à la place d'un workgroup existant et du choix NT.

Pour l'école SINAI c'est un 1er équipement global du réseau en lieu et place de serveurs NT.

L'équipe de Marly (personnes travaillant au CRDP de Versailles) se tient à disposition pour communiquer des infos pouvant apporter de l'aide à des collègues éventuellement intéressé (marc et pierre).



On pourra les retrouver sur le salon des 7èmes journées de l'enseignement et du multimédia qui se dérouleront les 18 et 19 janvier au palais des congrès de Versailles.

Des solutions Linux seront d'ailleurs exposées pour démontrer comment intégrer Linux dans les environnements scolaires.

Point techniques sur les contraintes le cahier des charges les pré-requis etc ...

Pour la petite histoire le point de départ de tout cela est le lycée Petrelle dans le 10° arrondissement mis sous Linux il y a maintenant 1 an et demi.

Bonne année Linux

pierre: mailto:Pierre.Freycenet@ac-versailles.fr

michael: http://www.energy-computer.com/linux/linux.html

marc: mailto:Marc.Fevrier@ac-versailles.fr

http://linuxfr.org/news/1999/12/29/94648955521374.shtml »

Rédacteur au nom de l’association : Pascal PUCCI.